jeudi 12 mai 2016

Sharon Salzsberg : Transformer la souffrance

 Sharon en Inde, à gauche. Dipa Ma assise

"Mon instructrice Dipa Ma eut à souffrir beaucoup dans sa vie, et c'est ce qui la conduisit à la pratique de la méditation. Pratiquant avec zèle, elle transforma son chagrin personnel en amour pour tous les êtres." 

(Mariée à l'âge de douze ans, Dipa Ma quitte l'Inde pour rejoindre son mari  en Birmanie. Elle n'arrive pas à avoir d'enfant et en conçoit une grande honte et un grand chagrin. Malgré la pression de sa famille, son mari refuse de la répudier.)


"Enfin, après vingt ans d'attente, son premier enfant, une fille, naquit, mais elle mourut à l'âge de trois mois. Quatre ans plus tard, une autre fille naquit. L'année suivante, Dipa Ma fut à nouveau enceinte, mais le fils qu'elle eut, et qu'elle ne vit jamais, mourut à la naissance. La mort de ses enfants ébranla forte­ment la santé de Dipa Ma. Et au moment où elle com­mençait à se consoler de ces pertes, il lui fut découvert une grave maladie de coeur, et les médecins craignaient qu'elle ne passe d'un moment à l'autre. Alors qu'elle faisait face à sa propre fragilité et à l'éventualité de la mort imminente, son mari, qui avait toujours joui d'une bonne santé, revint un jour du bureau, malade et fié­vreux. Et elle eut l'immense tristesse de le voir mourir dans la soirée.


Dipa Ma avait le coeur brisé, et elle crut réellement mourir de chagrin. Elle ne pouvait dormir, mais elle ne pouvait non plus sortir de son lit. Elle était incapable de faire quoi que ce soit, mais elle avait encore un enfant à élever. Un jour, un médecin qui savait à quel point elle était tourmentée, lui dit : «Vous allez mourir si vous ne faites pas quelque chose au sujet de votre mental. Vous devez apprendre à méditer.»


Dipa Ma prit son conseil au sérieux, et le considéra avec attention. Elle décrit le moment où elle se demanda : «Qu'emporterai-je avec moi quand je mour­rai ?» Après réflexion, elle se répondit : «J'ai regardé autour de moi. J'ai considéré ma dot - mes saris de soie et mes bijoux en or - et j'ai su que je ne pourrai les emporter avec moi. J'ai regardé ma fille, et j'ai su que je ne pourrai l'emporter. Alors, que pouvais-je emporter ? Et je me dis : 'Allons au centre de médita­tion. Peut-être y trouverai-je quelque chose que je pour­rai prendre avec moi quand je mourrai.»


A cette époque, Dipa Ma vivait encore en Birmanie. Elle trouva un monastère où elle pouvait pra­tiquer la méditation, mais sa faiblesse était si grande que c'est en rampant qu'elle dut monter les marches de l'escalier qui menait à la salle de méditation. Mais l'énorme souffrance qu'elle avait dû subir la poussa à consacrer tous ses efforts à la pratique. Alors qu'elle méditait, elle considéra plus profondément ses souf­frances, et éprouva une grande compassion pour elle-même et les autres êtres. Sa compassion était l'expres­sion de sa guérison. Par son terrible malheur, Dipa Ma en était venue à comprendre la fragilité de la vie, et le fait que personne n'est exempt de pertes et de douleur. Sa pratique lui apporta la paix.


Dipa Ma devint un maître révéré et profond, avec qui j'eus la chance d'étudier en Inde. Quand elle me dit que je devais revenir aux Etats-Unis et enseigner la méditation, je n'en crus pas mes oreilles. Je ne me sen­tais pas du tout qualifiée pour être un maître de médi­tation. Mais elle me rassura en me disant : «Vous com­prenez réellement la souffrance; aussi, vous devez enseigner.»


Quelles que soient les circonstances dans lesquelles je la vis se comporter, Dipa Ma fit toujours preuve d'un amour lumineux et d'une grande compassion. Sa compréhension profonde de notre vulnérabilité à la souffrance de la vie, semblait avoir exclu tout sentiment d'exlcusion de son cœur."


(Extraits de Un coeur vaste comme le monde de Sharon Salszberg)

dimanche 24 avril 2016

Urgyen Tsomo - 1897-1961 - La grande Khandro de Tsourphou



Urgyen Tsomo est née en 1897 dans une famille vivant près du monastère de Tsourphou. 

Le 15e karmapa, Khakyab Dorje (1871-1922), eut une vision dans ses rêves d'une émanation de la Yogini Yeshe Tsogyal et des indications qu'il devait l'épouser pour prolonger sa vie.

L'émanation de Yeshe Tsogyal visualisée dans ses rêves était Urgyen Tsomo. 

Quand elle fut découverte, elle avait 16 ans. Elle était dotée d'une forme de réalisation spontanée, et accomplit la pratique de purification dite de Dorjé Naljorma pour le karmapa, très malade à ce moment-là, et put prolonger sa vie de 9 ans. Ils eurent 3 fils, dont le 2e Jamgon Kongtrul Rinpoché Karsé Kongtrul et le 12e Shamar Rinpoché, Jamyang Rinpoché.

Elle avait eu pour lama racine Beru Khyentse Rinpoché4.

Un an avant la disparition du 15e karmapa, il remit à un groupe de 3 personnes comprenant Urgyen Tsomo la lettre-testament indiquant les circonstances de sa renaissance dans le Kham.

Après la disparition du 15e karmapa, Urgyen Tsomo demeura en retraite au monastère de Tsourphou et enseigna le Dharma au centre de retraite jusqu'à la fin de sa vie, à l'époque de l'occupation chinoise.


Elle devint renommée et était appelée la grande khandro (ou dakini) de Tsourphou. 


En mars 1959, Urgyen Tsomo faisait partie des 160 personnes qui accompagnèrent le 16e karmapa quand il quitta le Tibet pour le Bhoutan.

Urgyen Tsomo est morte en Inde en 1961.

Khandro Rinpoché (Khandro Tsering Paldron) a été reconnue par le 16e karmapa comme la réincarnation de Urgyen Tsomo.


Source Wikipedia

jeudi 14 avril 2016

Le mouvement WAKE UP au village des Pruniers

Le mouvement WAKE UP a été créé par le Vénérable Thich Nhat Hanh. Wake Up ou « éveillez-vous » est un mouvement conduit par des jeunes très dynamiques, religieux ou pas, désireux de transmettre les valeurs du bouddhisme dans le quotidien de chacun pour une meilleure connaissance de soi et du monde. Dans cette première partie, Sagesses Bouddhistes reçoit Sœur Prune et Frère Phap Luu.




Sagesses Bouddhistes poursuit sa découverte du mouvement WAKE UP créé par le Maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh, fondateur du Village des Pruniers et qui rencontre un vif succès. Mais quel est le message du bouddhisme ainsi transmis par ce mouvement et qui s’adapte si bien aux jeunes générations ? Réponses avec Sœur Su Nghiem et Louis Nagot.





jeudi 7 avril 2016

Maitre Cheng Yen : Creation et developpement de la fondation Tzu Chi

La vénérable Cheng Yen est née en 1937 dans une petite ville du centre de Taïwan.

En 1966, elle a créé la Fondation Tzu Chi. Se donnant pour mission « d’humaniser le bouddhisme et de faire surgir des bodhisattvas dans notre monde », la vénérable Cheng Yen et la Fondation Tzu Chi interviennent dans quatre domaines principaux : les oeuvres de charité, la médecine, l'éducation et la culture.

La Fondation compte à présent des millions de volontaires qui mettent en oeuvre les enseignements de la vénérable Cheng Yen, en aidant les pauvres et en portant la compassion jusque dans les régions les plus sombres de la planète.