lundi 14 novembre 2016

La relation entre la compassion et les quatre nobles vérités par Anne Michel

Spécial compassion du n° 20 – dix ans de présence sur le net
Anne Michel nous a envoyé ce beau texte (et cette belle photo) sur la relation entre la compassion et les quatre nobles vérités :




Les deux ailes de l’oiseau qui permettent à la méditation de nous diriger vers l’Eveil, sont la sagesse et la compassion, nous dit le Bouddha.
En approfondissement les 4 vérités nobles, nous comprenons que la vie n’est pas parfaite. Ce n’est pas une position philosophique, c’est la réalité de l’expérience vécue: les choses changent. L’expérience est parfois bonne et parfois douloureuse. La méditation ne va rien changer à ce réel. C’est la première vérité.
La 2ème vérité est liée à ma manière de me situer dans la vie. Puis-je recevoir et accepter avec compassion l’imperfection du monde, en moi et hors de moi? Ou suis-je dans l’aveuglement de croire que les choses pourraient ou devraient être ok une fois pour toute? La réactivité est liée à la soif: notre attachement pour l’expérience quand elle est bonne et notre aversion lorsqu’elle change et devient douloureuse. Ce qui bloque l’énergie vitale, bienfaisante et universelle de la compassion, c’est l’ignorance, qui s’exprime par la peur, la colère, la frustration qui envahissent parfois l’esprit. Lorsque ces énergies sont apprivoisées et que nous ne sommes plus sous leur emprise, naturellement les qualités d’empathie s’affinent et la compassion devient de plus en plus souvent disponible.
3ème vérité: la libération est possible quand le cœur sait lâcher prise de la soif, ou du désir, sous toutes ses formes. Ce qui reste est alors simplicité, bonté, humilité, compassion. La méditation aide à se souvenir qu’il est possible d’être libéré, ici et maintenant.
 
Très concrètement ce souvenir peut être vivifié en prononçant silencieusement des paroles de compassion:
Je suis sensible à ma (ta) peine
Je reste en silence avec elle
Mon cœur accepte mes (tes) limites ici et maintenant
Que je (tu) sois libéré de la réactivité à la souffrance.
Et c’est un exercice porteur en même temps d’espace et d’intimité avec l’expérience: il y a l’observateur bienveillant, objectif, et le ressenti précis, sans commentaires, de l’expérience.
Les paroles sont répétitives, limitées aux mots que je choisis de dire, clairement orientées vers la libération. Je peux les dire en assise, en marchant, couché le soir avant de dormir… Je peux les dire rétrospectivement, lorsqu’une expérience douloureuse met l’esprit à l’étroit.
Compassion: entourer, accueillir la peine lorsqu’elle émerge. En moi d’abord, pour pouvoir le faire pour l’autre. La peine, plus particulièrement la peine interrelationnelle, est menaçante et il peut y avoir en nous une volonté plus ou moins consciente de la rejeter sans la laisser être, de la fuir ou de prétendre. En plus de la douleur, je rajoute du stress et de la réactivité. La double flèche dont parle le Bouddha. Si la première flèche, celle de la souffrance, est inévitable, la deuxième est notre responsabilité: je peux abandonner l’identification et la réactivité à la souffrance. Je ne suis pas “que çà”. Je suis aussi sagesse et compassion: je peux tranquillement laisser être et laisser passer l’expérience, sans lui donner trop de pouvoir. C’est bon se de souvenir que notre nature fondamentale, ici et maintenant, est l’ouverture du cœur à l’expérience. Ainsi la réalisation que je ne suis pas l’expérience devient une aide fondamentale pour demeurer dans la compassion lorsque les évènements de notre vie nous mettent au défi.
Anne Michel anime en Suisse des sessions et des retraites dans la tradition du Théravada et pratique le dialogue conscient en région parisienne à l’invitation de Terre d’Eveilson site : Mudita

vendredi 16 septembre 2016

Machik Lapdron : Dernières instructions


On gaspille sa vie en pensant : "je pratiquerai le Dharma plus tard".
Et qu'adviendra-t-il si vous mourez de mort accidentelle ?
Si vous ne méditez pas aujourd'hui avec persévérance,
demain, au moment de mourir,
qui vous prodiguera le Dharma authentique ?

Si vous ne pratiquez pas cet enseignement vous-même,
à quoi pourrait vous servir la pratique des autres ?
le rêve d'un mendiant regorge de plaisirs, de richesses et d'abondance,
mais au réveil, plus la moindre trace, comme un oiseau dans le ciel.

Tous les phénomènes composés de ce monde
sont semblables à cette métaphore.

Machik Labdron (ses dernières instructions) du livre 
Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet par Jérome Edou

jeudi 25 août 2016

Le Dharma est intemporel par Maechee Pathomwan



La réalité ultime et le monde intemporel existent ensemble. On essaie de percevoir et de comprendre ces deux réalités. Cela ne signifie pas que nous allons atteindre la vacuité et la vérité ultime. Mais nous avons toujours la possibilité d'entrevoir cette réalité et d'y goûter dès lors que nous avons la concentration, la conscience et la sagesse.

Le  Dharma n'est pas lié au temps, il est intemporel. Par conséquent, toute personne qui veut pratiquer peut le faire. Peu importe que vous soyiez laïque ou religieux, homme ou femme. Si vous avez trouvé une méthode pour pratiquer, vous connaissez le chemin, alors, empruntez-le. Ce n'est pas parce que je porte une robe de nonne que je vais atteindre la sagesse. On doit tous suivre le même chemin pour y parvenir. Peu importe le sexe ou le statut, on peut tous pratiquer. La vérité ultime est à l'intérieur de nous.

Maechee Pathomwan - Extrait de Rencontre avec des Femmes Remarquables par Martine Batchelor

samedi 30 juillet 2016

Les femmes dans l'histoire du zen soto - Brigitte Seijo Crépon - Sagesses bouddhistes 2016

Sagesses Bouddhistes reçoit Brigitte Seijô Crépon, pour en parler du rôle des femmes dès la fondation de l’école zen au Japon, par les deux patriarches Maître Dogen et Maître Keizan.