dimanche 17 mai 2015

Extraits du Therigata - Recueil des poèmes d'éveil de pratiquantes au temps du Bouddha


Hommage à vous Bouddha,
la meilleure de toutes les créatures,
qui m'a libérée ainsi que beaucoup d'autres
de la souffrance.

Toute souffrance est comprise,
la cause, le désir insatiable est tari,
la Noble Voie Octuple se déploie,
j'ai atteint l'état où tout s'arrête.

J'ai été
mère,
fils,
père,
grand-mère ;
ne sachant rien de la vérité
j'ai poursuivi mon chemin.

Mais j'ai vu le Bienheureux :
Ceci est mon dernier corps.
Je ne reviendrai pas
de naissance en naissance
à nouveau.

Mahapajapati

 

J'étais en pleine possession
de mon corps, de ma parole et de mon esprit.
Ayant déraciné la racine du désir,
je suis devenue calme et rassasiée.


Uttara 

 

Cela fait vingt-cinq ans
que j'ai quitté ma maison,
et que je n'ai pas eu un instant de paix.
le coeur troublé,
croupissant dans le monde du désir,
j'ouvrais les bras et criais
au moment où je suis entrée au monastère.

Je suis allée trouver une nonne
à laquelle je pensais pouvoir faire confiance.
Elle m'a enseigné le dhamma.
Les éléments du corps et de l'esprit,
la nature de la perception,
et la terre, l'eau, le feu et le vent.

J'ai entendu ses mots,
et me suis assise à ses côtés.
À présent, j'ai pénétré
dans les six royaumes de la connaissance sacrée.
Je sais que j'ai vécu auparavant,
l'oeil du ciel est pur,
et je connais l'esprit des autres.

Je possède de grands pouvoirs surhumains
et j'ai annihilé
toutes les souillures mentales.
L'enseignement du Bouddha s'est réalisé.

Vaddhesi 

 

Source : Bouddhisme au féminin N° 10  - ouvrage de Susan Murcott sur les premières femmes bouddhistes - Titre en français (tout à fait inadéquat) : Le Bouddha et les femmes
Upasama, tu dois traverser
ce flux, ce lieu de mort
si difficile à traverser.

Upasama, tu as conquis
Mara et ses puissances.
Supporte ce corps ;
c'est ton dernier.

Upasama


dimanche 1 mars 2015

La compassion d'Alexandra David Neel : Sauver une chienne en détresse







Lettres à son mari - 1915
 
Dans la soirée, grosse aventure ! On signale au loin un chien qui s'efforce de se frayer un passage dans la neige et n'y peut parvenir. Le pauvret apparaît en détresse et l'est réellement. La nuit est proche, qu'est-ce qu'il va devenir ? Je dis : «Je vais aller le chercher. » 
Autour de moi on se récrie, il n'y a pas de sentier frayé, il faut descendre dans un petit ravin, remonter sur l'autre versant. Enfin, je verrai bien si je peux arriver. J'ai des pantalons de flanelle, de hautes bottes de feutre et un imperméable. Allons !... C'est vite écrit, allons, mais je t'assure que je n'allais pas vite avec de la neige plus haut que la ceinture, tâtant la route devant moi avec un bâton pour me rendre compte si je ne descendais pas dans quelque trou. 

Après un bout de chemin j'aperçois un de mes garçons qui grimpait revenant du village, je le hèle et il m'accompagne. C'était une vraie expédition polaire, froid en moins. Nous perdons le sentier, mon domestique tombe dans un trou, je le tire par la tête pour l'en sortir et, peu après, il me rend le même service. 

Nous grimpons sur des rochers que nous ne voyons pas et nous arrivons au chien qui est pris sous la neige et ne peut bouger. Pour combler la mesure, l'animal effrayé et très sauvage montre des dents menaçantes bien qu'il soit un tout jeune toutou.
 J'abrège les détails, on passe une corde sous l'animal et on le haie à la remorque jusqu'au monastère où il, ou plutôt elle, car c'est une femelle, se montre de l'humeur la plus féroce. 

Aujourd'hui, après avoir bien mangé, l'animal paraît de tendances plus pacifiques, dans quelques jours il sera tout à fait gentil. Il est poilu comme un yack, tout noir, nez noir, yeux noirs, un peu de fauve seulement à l'extrémité des pattes. 
Cette race de chiens garde les troupeaux de yacks et les tentes nomades dans les steppes du Tibet. Ce sont des bêtes à moitié sauvages, très fortes et redoutables pour les étrangers. 
Qu'adviendra-t-il de ma rescapée ? Quoi qu'il en soit, ma petite protégée a mangé une grosse assiettée de riz que je tenais à la main, mais, après, quand j'ai voulu la caresser, elle a esquissé un mouvement de museau menaçant, mais il y a déjà grand progrès car elle n'a pas montré ses petites dents blanches et aiguës. 
Voilà tous les événements, grand cher.  

mercredi 18 février 2015

Dipa Ma, le rayonnement d'une femme d'exception, avec Jeanne Schut

Sagesses Bouddhistes reçoit Jeanne Schut qui a traduit un ouvrage sur DIPA MA (1911-1989) dont le parcours initial ne prédisposait pas à ce qu’elle devienne un maître du theravada honoré et respecté. Cette femme indienne d’exception, laïque, a découvert et pratiqué la méditation auprès de Mahasi Sayadaw, maître birman renommé, pratique qu’elle a su par la suite mettre à la portée de tous, des plus grands aux plus humbles sans exception.





Sagesses Bouddhistes revient sur la vie de DIPA MA (1911-1989) indienne, laïque, devenue grand maître de méditation dans le theravada et dont la présence et le rayonnement inspiraient le plus grand nombre. De quelle manière a-t-elle suivi son chemin spirituel, quels furent ses principaux enseignements et que reste t-il de son héritage spirituel aujourd’hui. 






dimanche 1 février 2015

Jacqueline Kramer : "Etre une maman Bouddha"




L’éducation d’un enfant est un chemin de dévotion, un modèle de service désintéressé.
"S’épanouir là où on a été planté", telle est la devise de Jacqueline Kramer, qui croit que les mères peuvent atteindre l’illumination dans leur cuisine tout en faisant cuire le dîner ou en faisant la vaisselle.

"Maman Bouddha", La devise vient d’une affiche vue alors qu’elle est en retraite il y a de nombreuses années, confie l’auteure de "Buddha Mom", un livre sur la spiritualité de l’enfantement.


" Je me suis rendue compte que je n’avais pas besoin d’aller au loin ou de m’engager dans des pratiques étranges et peu familières - je peux devenir illuminée juste là où je suis, en ce moment, en m’engageant dans la maternité et les tâches du foyer."


La maternité est souvent glorifiée pour réduire au silence les besoins féminins de réalisation personnelle. La gestion de la maison et l’entretien sont souvent rabaissés comme le symbole de l’assujettissement et de la faiblesse femelles. Mais pour J. Kramer, la maternité est une pratique spirituelle parfaite.


"La maternité est un beau récipient des vertus dont nous avons besoin pour développer notre spiritualité" explique t-elle. "Tandis que les moines et nonnes dans différentes croyances se consacrent à développer l’amour inconditionnel, le service désintéressé, la bonne volonté, la joie pour le bonheur d’autrui ainsi que la capacité à lâcher prise, c’est en réalité ce que font les mères dans leurs vies quotidiennes".


Si les mères pratiquent la pleine conscience - être constamment conscient que tout ce qui surgit disparaîtra naturellement sans être perdu dans les hauts et les bas des émotions - alors elles peuvent avancer sur le chemin spirituel.


Écrit à partir de ses propres expériences de mère célibataire et adepte de la méditation, Buddha Mom : The Path of Mindful Mothering a inspiré beaucoup de mères à introduire la spiritualité dans leurs vies.


Ayant reçu récemment le prix des femmes bouddhistes exceptionnelles (Oustanding Buddhist Women), J. Kramer, 56 ans, a mis en place des cours en ligne gratuits destinés aux mères qui veulent se développer spirituellement et qui peuvent étudier plus profondément les enseignements bouddhistes ou partager leurs expériences à leur propre rythme, dans leur propre temps.


Vêtue d’une tenue rose clair décontractée, les longs cheveux argentés de J. Kramer et ses yeux scintillants expriment une joie enfantine lorsqu’elle raconte sa découverte du bouddhisme et le rôle important de la peine conscience dans son rôle de mère.


Née dans une famille juive, J. Kramer raconte avoir été bénie avec une mère qui les laisse son frère et elle, libres d’explorer leur propre spiritualité.
C’est son frère qui lui montre en premier la puissance de la pratique de pleine conscience. "Je l’ai vu revenir clair et calme d’une retraite. J’ai alors décidé de faire un essai. J’ai été stupéfiée par le calme que j’ai ressenti", indique t-elle.


À partir de là, J. Kramer commence à en apprendre plus sur les enseignements, qui lui font réaliser que la méditation est plus qu’une simple technique de détente, il s’agit d’une pratique spirituelle pour comprendre la loi de l’impermanence de la nature afin de dépasser le sens faux du moi et du mien.
Elle arrive au point de vouloir être ordonnée. Mais son professeur de méditation lui demande de devenir un exemple pour les chefs de famille féminins laïques, ce qui est la mission de sa vie depuis lors.


Lorsqu’elle fonde une famille et se retrouve enceinte, J. Kramer pratique la méditation de pleine conscience depuis déjà trois ans. Etre dans l’instant présent aide à éliminer la crainte et l’inquiétude vécues par de nombreuses femmes pendant la grossesse. Le grand test de pleine conscience arrive dans la salle de travail au moment où la douleur de la naissance la frappe par vagues successives.
"J’ai juste observé la douleur, consciente de chaque moment sans penser. Je l’ai juste éprouvé et me suis rendue. Je me suis enfin décontractée et adoucie lorsque j’ai donné naissance, heureuse et dans le présent.
" Cela m’a enseigné que nous ne pouvons pas échapper à la douleur mais la souffrance est une option ", ajoute t-elle.
La pleine conscience lui a enseigné que le bonheur est un choix.
"Lorsque vous êtes confus ou de mauvaise humeur, ne le niez pas. Voyez, observez, ne combattez pas. Rendez-vous et observez sans jugement, et les sentiments sombres se dissiperont miraculeusement par eux-mêmes", continue t-elle.
Étant dans le moment présent dans tout ce que l’on fait, que ce soit découper des légumes ou faire la vaisselle, l’état conscient créera un espace entre le problème et soi-même.

" Avec de l’espace, vous pouvez regarder les choses avec fraîcheur, et les solutions découlent de cela", dit-elle.
La maternité, croit-elle, épouse toutes les nuances de metta (bonté aimante), karuna (compassion), mudita (joie sensible) et upekkha (équanimité).
"La maternité nous donne un aperçu de l’amour inconditionnel. Elle étend notre capacité à aimer, à donner et à éprouver de l’empathie pour les personnes en situation difficile", ajoute t-elle.
D’autre part, la joie d’observer un enfant apprenant à parler, marcher et progresser à travers chaque étape de la vie - une pratique de mudita - aide à rendre les difficultés parentales supportables et la vie quotidienne épanouie.
Mais quand un enfant grandit et devient adolescent, "c’est là que l’équanimité vient à notre secours" dit-elle songeuse.


"Upekkha, ou l’équanimité spectatrice est la capacité d’observer des luttes, des joies et tous les autres états de l’esprit avec un détachement ouvert et aimant ", explique t-elle.
"Upekkha vient de la réalisation que la douleur fait partie de la croissance et de la condition humaine. C’est le courage de regarder affectueusement des choses que nous ne pouvons changer. C’est le courage de laisser nos enfants être ce qu’ils sont, d’accepter que nous n’avons pas le contrôle. Que nous pouvons seulement influencer" dit-elle.
Ce processus de lâcher prise est un aspect important du bouddhisme. "C’est pourquoi l’enfantement est une voie directe vers la pénétration spirituelle » affirme t-elle.
L’équanimité, c’est également le courage de recourir à « l’amour dur » quand le besoin s’en fait sentir.
"L’amour dur exige de laisser nos enfants éprouver les conséquences sans interférer mais avec un amour profond en nos cœurs".
Que ce soit de sacrifices ou d’amour dur, la mère spirituelle parle de ses propres expériences vécues dans la vie réelle.


J. Kramer devient mère célibataire lorsque sa fille Nicole a trois ans. Faisant le choix de façonner son travail en fonction de l’emploi du temps de sa fille, elle sacrifie son métier de chanteuse professionnelle, qui aurait nécessité d’être loin de chez elle lors des tournées, et décide de travailler comme chanteuse à temps partiel et assistante maternelle.
Alors qu’être mère lui enseigne l’amour désintéressé pour son enfant, il lui enseigne également qu’à travers larmes et rires, elle a besoin d’avoir suffisamment de bonté aimante pour elle-même, aussi, afin de pouvoir se pardonner de laisser les pensées négatives et les émotions l’envahir.
De telles erreurs sont fréquentes. Et sans le pardon accordé à soi-même, on ne peut probablement pas continuer d’essayer encore et encore de défaire des habitudes enracinées qui déchaînent des mots et actions blessants regrettés par la suite.
Que faire lorsque vous êtes défié par un enfant ergoteur ? Le conseil de J. Kramer : Soyez conscient. Et utilisez la colère comme objet de méditation.
"Tout ce qui arrive peut être employé comme une porte vers l’illumination" explique t-elle, tirant des enseignements du bouddhisme zen.
"Quand vous êtes sujet à la colère, utilisez-la comme une porte. En ne lui résistant pas, en ne pensant pas que vous ou vos émotions êtes mauvais, en la laissant juste aller, en l’observant sans aucun sentiments de tension ou de crainte, il y aura de l’espace autour des émotions. Et vous n’aurez pas les réactions que vous aviez l’habitude d’avoir.
"En ne lui résistant pas, elle disparaît. En ne donnant plus aucun pouvoir à la colère, elle s’amenuise. C’est incroyable. Alors il y aura plus de paix à la maison".
Toutefois, la colère ne disparaît pas en une nuit simplement en méditant. Les choses qui vous ont tracassé continuent de vous embêter mais pas de manière aussi forte, c’est la raison pour laquelle la pratique est d’autant plus importante. Comme part de ses pratiques quotidiennes, J. Kramer transforme les routines de la vie quotidienne en pratiques de pleine conscience. "Tandis que j’observais des légumes, par exemple, j’étais consciente de ce que je touchais. Je sentais le couteau traverser les légumes. J’observais mes pensées, mes sentiments, mes mots.


« Si vous êtes pleinement conscient, peu importe ce qu’est votre vie, ce qui vous attend est toujours frais et nouveau. »
Pour aider aux pratiques quotidiennes, J. Kramer part également en retraite une fois par an, afin d’approfondir le calme et la pénétration requise pour faire face aux défis et aux incertitudes qu’apporte chaque jour.
En étant consciente, elle a découvert le libre arbitre, choisir d’être heureuse ou malheureuse. Il y a toujours de bons et de mauvais côtés dans toute chose, dit-elle. "Notre libre arbitre nous donne le pouvoir de choisir sur quoi nous focaliser. C’est le plus grand pouvoir que nous n’avons jamais possédé ».
En étant dans l’instant présent, elle a également cessé de blâmer les autres pour ses problèmes. "J’en suis venue à réaliser que mon bonheur ne dépendait pas de mon environnement. C’est quelque chose que je porte à l’intérieur de moi et dont je suis responsable pour mon propre bonheur."
Dans le même temps, elle découvre que la vie de service, à la fois chez elle et à la crèche, est un avantage pour sa pratique spirituelle. "J’ai appris que la reddition de l’ego devait précéder le service désintéressé" dit-elle. De cela jaillit la générosité. "Le service joyeux nous relie également à ceux qui nous entourent. »
Se concentrer sur l’aide d’autrui nous enlève aussi les problèmes de l’esprit. "En faisant une coupure avec ma pensée négative, je peux transformer le cours de mes pensées du destructif en productif. »
En dépit des joies de la maternité, être parent pour elle, n’est pas toujours simple. "Au moment où Nicole atteignit l'âge de 14 ans, elle devint trop difficile " se rappelle t-elle. Avec un "amour ferme », elle décide de l’envoyer dans un stage d’adaptation du comportement.
"Par amour, vous devez faire ce qu’il faut pour inculquer une discipline solide avec un soutien affectueux.


Tandis qu’une pratique spirituelle peut aider une mère à faire calmement face à l’angoisse de l’adolescent, les sports, la musique, toute forme de passion apportera une certaine discipline, qui les aidera jusqu’à l’âge adulte, contre la pression négative de leurs pairs et l’influence des médias, conseille t-elle.


« Rappelez-vous, l’enfant apprend de ce que vous êtes. Cela ne se manifeste pas lorsqu’ils sont adolescents. Mais cela se manifestera tout seul”.
Même si les années de l’adolescence sont souvent « orageuses », la bonne nouvelle est qu’ils finissent par revenir vers vous" dit-elle rayonnante. Elle et sa fille, maintenant âgée de 26 ans, et mère elle-même, sont plus proches que jamais.
Aujourd’hui, pour J. Kramer, il est temps de partager. Et il est l’heure de rendre à la maternité le respect qui lui est du. A la fois dans la société menée par le succès matériel et dans le royaume du bouddhisme.
La société méprise les femmes qui sont heureuses de servir leurs familles et la communauté. Elles ne sont pas appréciées à leur juste valeur, et sont sous-évaluées et sous-payées.

J. Kramer l’a constaté par elle-même. Se décrire elle-même comme une ménagère lui attirait souvent un regard désapprobateur. "Et quand je travaillais comme assistante maternelle, j’étais traitée comme une citoyenne de seconde zone ».
Mais le service est un aspect central de la psychologie féminine et de la spiritualité, insiste t-elle. Cela exige de la générosité, de la résistance et de l’altruisme - toutes les valeurs importantes que toutes les croyances qualifient d’indispensables à une société heureuse. « Nous avons besoin de l’équilibre entre le yin et yang, entre féminité et masculinité pour créer une société heureuse », ajoute t-elle.


Alors que la concurrence et la conquête - souvent définies comme masculines - sont devenues l’obsession du monde, les déséquilibres ont produit de la violence aussi bien dans la vie privée que dans la société dans son ensemble. Pour J. Kramer, la première étape pour trouver l’équilibre est de respecter la valeur du service et de ceux qui servent.


En tant que femme bouddhiste laïque, l’autre mission de J. Kramer est de montrer que les chefs de famille féminins peuvent également atteindre l’illumination. Jusqu’ici elle n’a pas encore trouvé des telles histoires dans les textes anciens, toutefois il est impossible de croire que cela ne s’est jamais produit.
"Pourquoi leurs histoires n’ont-elles pas été transmises ?" demande t-elle. "Est-ce parce que les femmes étaient illettrées, trop occupées pour écrire, ou est-ce l’accès à la méditation qui leur faisait défaut ? Quelles qu’aient été les raisons, il est maintenant temps de regrouper les histoires de l’illumination des mères, pour nos filles et pour nos fils. »
Ce n’est pas par fierté. Il s’agit plutôt d’un effort pour rendre des pratiques spirituelles plus attrayantes pour les femmes en reconnaissant la nature et les conditions des femmes afin de rendre possible la spiritualité à travers leurs propres expériences spécifiques.


Pour les mères, il est responsabilisant de réaliser que l’éducation d’un enfant est un service spirituel et que l’enfantement est un modèle de service désintéressé. En sachant qu’elles sont vraiment sur un chemin spirituel, elles peuvent transformer leur maison en temple, faire usage de chaque défi quotidien afin de développer la pleine conscience et la bonté aimante, et utiliser leurs propres enfants comme des enseignants de l’impermanence, de la reddition et du lâcher prise.

"Les enfants grandissent. Ils changent à chaque minute. Et ils nous laissent un beau jour. Ils ne sont pas à nous. Personne ne l’est. Ils ne sont que temporairement sous notre protection.
"Les choses changent toujours. Et quand je me rends compte que ma situation changera, alors je peux garder le sens de l’humour. Je peux prendre une respiration profonde et compter jusqu’à 10.
Grâce à cela, tout ce qui semble insupportable s’éclaire. L’illumination peut se trouver à de nombreuses vies plus loin, mais l’enfantement spirituel - que Jacqueline Kramer a trouvé - rendra un long voyage joyeux, ici et maintenant.

Source : Bouddhisme au féminin n° 8