lundi 28 juillet 2014

Sharon Salzberg : Le dessein fondamental de la méditation, c'est le Nirvana



Le dessein fondamental de la méditation, c'est la libération parfaite, ou nirvana. Le nirvana n'est pas notre état conditionné habituel, dans lequel nous semblons être le percevant isolé d'objets «extérieurs», qui apparaissent et disparaissent continuellement. L'expérience intérieure du nirvana est incompréhensible et inexprimable ; aussi ne le décrit-on traditionnellement que négativement : «non-né», «non-créé», «non-conditionné». Il m'arriva de projeter d'écrire un livre sur le nirvana, et une amie me taquina à ce sujet : «Alors, tu vas essayer de faire la fable de l'ineffable !» Mais s'il semble impossible de parler du nirvana, il n'est pas impossible de l'atteindre; aussi allons-nous essayer de le «décrire».

En parlant du nirvana, le Bouddha a dit : «O moines, il y a le non-né et l'inconditionné. Les quatre éléments, la terre, l'air, l'eau, et le feu, en sont absents. Les notions de longueur et de largeur, de subtil et de grossier, de bon et de mauvais, de nom et de forme, sont toutes détruites. Ni ce monde ni l'autre, ni l'allée, la venue, l'état, ni la mort ou la naissance, ni les objets des sens, ne s'y trouvent.» Littéralement, nirvana signifie «extinction» - comme une chandelle que l'on souffle. Faire l'expérience du nirvana, cela signifie que notre séparativité et notre souffrance sont «éteintes».

Le nirvana n'est pas un état que l'on connaît au moyen des sens. Tant qu'il y a un sujet qui connaît, et un objet qui est connu, il y a changement et conditionnalité. Le nirvana est immuable. Il ne peut finir, car il n'a pas commencé. Ce n'est pas réellement une «expérience», au sens commun du terme.

La paix et la félicité que l'on trouve dans le nirvana n'ont rien à voir avec la sorte plus familière de bonheur que l'on cherche au moyen des sens. Le bonheur découvert dans le nirvana est indépendant de tout objet dont nous pourrions faire l'expérience, ou de toute pensée que nous pourrions avoir. À cause de notre conditionnement dans cette culture matérialiste, il peut sembler difficile d'imaginer un bonheur qui ne soit pas en rapport avec une expérience ou une sensation particulières. 

Mon maître Munindra aimait à dire : «Il n'y a pas de pizza dans le nirvana ; est-ce que cela vous intéresse encore?» C'est une bonne question. Dans notre société, nous sommes incités à vouloir ceci ou cela. Mais quoi que nous obtenions, ce n'est pas suffisant, parce que ça ne dure pas. Aussi, la recherche de nouvelles conditions continue encore et encore. Nous cherchons de nouvelles expériences intellectuelles, de nouvelles expériences sexuelles, et de nouvelles expériences spirituelles. On est même prêt à détruire son corps, son mental, ses relations avec ceux qu'on aime - à détruire sa vie - pour quelque expérience.

Même si quelque chose d'agréable pouvait être durable, nous ne pourrions supporter d'en jouir encore et encore. Qui pourrait regarder le même film, sans cesse, sans souhaiter de répit? Qui pourrait écouter un son ravissant qui ne cesserait pas? Mais quand nous cherchons le repos d'une expérience, nous le faisons en en cherchant une autre. Le Bouddha a enseigné que le seul repos de cet ennui, de cette pression constants du changement, c'est le nirvana.../


En méditation, nous percevons la non-essentialité et l'impermanence de tout ce en quoi consiste l'existence - et nous ressentons vivement l'insécurité que cela implique. Nous sommes aussi exaltés, admiratifs, devant le caractère merveilleux de l'existence, voyant véritablement quel miracle c'est. Ayant éprouvé l'exaltation et l'insécurité, le mental s'établit dans un état d'équanimité et de stabilité. Dans cet état d'équilibre parfait, il n'y a rien vers quoi incliner, pour anticiper l'avenir, pas d'avidité, pas la moindre impulsion envers quelque chose «d'autre». Il y a juste être. C'est ici que l'ouverture silencieuse, muette, du nirvana, se produit. 

La réalisation du nirvana n'est pas une fantaisie ou une réalisation mystérieuse que nous admirons de loin parce que le Bouddha l'a eue, en un lieu lointain, il y a bien longtemps. C'est aussi notre réalisation. Le fait même que le Bouddha fut un être humain, nous montre qu'il nous est tous possible d'être libres. Cette possibilité est sous-jacente, à chaque instant de notre vie.

Extrait de : Un Coeur vaste comme le Monde









lundi 30 juin 2014

Danièle Masset a traduit du pali en français le Therigâta ; les stances des nonnes éveillées au temps du Bouddha


Danièle Masset a publié une nouvelle traduction du Therigata, elle est reçue par Sagesses Bouddhistes pour évoquer dans cette première partie les femmes à l'époque du Bouddha :




Deuxième partie : Sagesses Bouddhistes reçoit Danielle Masset, traductrice du Thérigata, du pali en français, Cet ouvrage a transmis les témoignages d'éveil des premières femmes remarquables du temps du Bouddha





dimanche 25 mai 2014

La Non Violence en action à l'école - Témoignage -

 

La non-violence avec les tout-petits

 
Un témoignage dans la revue

Ici et Maintenant (enseignement du vénérable Thich Nhat Hanh)

par Lily ChanTuTieu


- Il a pris notre ballon!

– Ils ne veulent pas que je joue avec eux!

- Il m'a envoyé une boule de neige!

- C’est lui qui a commencé!

- Elle imite tout ce que je fais! - C est pas vrai!

- Il est passé devant moi !

- J’étais là avant!

- Oui, mais tu es parti !

- Je voulais jeter mon kleenex dans la poubelle!

- Elle dit des secrets ! Elle parle de moi!

- Non!

- Oui, je l'ai vue donner un petit papier à Julie.

- C’était pas sur toi!

- Il a fait tomber notre pyramide!

- J’ai pas fait exprès!

- Oui!

- Non ! Cest Danny qui m'a poussé !

Sept ans. Ces bisbilles fusent parfois pendant la journée, en classe ou en récréation. Première réaction "avant Pleine Conscience":

- Ça suffit! Va travailler! Ne recommence pas ! Tiens-toi tranquille ! Arrêtez ! Vous allez perdre votre récré !

Mais c'est comme jeter une goutte d'eau dans la mer !.. Aussitôt dit, aussitôt oublié! On recommence le lendemain!

**** La cloche ***


Si les grandes personnes sont capables d'arrêter au son de la cloche pour revenir à leur respiration, si les grandes personnes sont capables d’être "conscients de la souffrance causée par..." , pourquoi pas les enfants ? Surtout les enfants ! La non-violence, le regard sur les autres, la sensibilisation "à", ça commence avec les tout-petits.

On leur apprend à fermer la bouche en mangeant, à tenir la fourchette avec la main gauche, le couteau avec la main droite, à poser la serviette sur les genoux, à ne pas renifler.. Leur dit-on aussi à quel point c'est bon de respirer, de bien respirer et de le savoir? Comment une inspiration et une expiration profondes calment et tranquillisent ? « J'inspire et je sais que j'inspire.. » Faisons-le ensemble...

J'ai commencé avec une de ces cloches, classiques, comme on voit tant, la secouant de temps en temps, guettant l'attention des enfants, leur silence, le calme dans la classe.. Jusqu'à ce qu'un jour, au lendemain d'une retraite :

- « Vous savez quoi les enfants ? Regardez ce que j'ai apporté! » Et je brandis fièrement une cloche toute neuve sur son coussinet. Solennellement, je l'éveille, puis l'invite. Doux, très doux.. Les élèves ne peuvent pas ne pas s'arrêter devant un tel son ! Immédiatement, leur attention est attirée. Leur curiosité aussi. D'abord parce qu'ils n'ont jamais vu une cloche comme celle-ci, ensuite parce que.. c'est tout simplement doux à entendre.

Ils se taisent.

Heureuse et pas peu fière de cette réussite, je lance la phrase tonnerre: "Voulez-vous essayer?" Quelle question! Au diable les maths et le français… Ce cours de cloche vaut bien tout le curriculum de deuxième année ! (et devrait d'ailleurs faire partie du programme du Ministère !) Un à un, j'initie les enfants à l'art de sonner la petite cloche : "D'abord tu l'éveilles, pour nous avertir… et pour ne pas nous faire sursauter. Puis tu l'invites. Comme ça... Pas si fort… Doucement... Les doigts ne touchent pas la cloche, sinon le son ne sort pas. ("Le son et l'effet de l'air sur la résonnance" fait d'ailleurs partie du programme de sciences et la cloche servira de parfait exemple!) Un jeu? Soit. Les élèves sont ravis. Moi aussi !

Cela fait huit ans que la petite cloche résonne dans la classe, toutes les cinq minutes. Toutes les cinq minutes, tous les regards se lèvent. On respire (parfois bruyamment !) Et on sourit. Mais oui, Lily s'arrête aussi. ElIe pose son crayon, comme tout le monde. Et c'est drôlement bon ! « J'inspire, je me calme. J'expire, je souris. » La cloche nous calme, diminue le stress, l'angoisse devant le travail, la difficulté. Les enfants sont rassurés: il n'y a pas de compétition dans la classe. On fait UNE chose à la fois. Chacun à son rythme.

*** L'attention ****


Et comment parler de concentration à des tout-petits ? J'écris le mot au tableau.

- Quel petit mot y-a-t-il dans concentration? Les élèves sont anglophones, en immersion française. Mais ils trouvent sans peine la réponse: centre!

- Oui, centre. Il y a aussi le petit mot "con" qui veut dire avec. Avec - le centre. Je dessine un grand cercle. Des petits bonhommes tout autour, des papillons.. Quand on n'est pas concentré, on est là, un peu partout autour du cercle… On vole, comme ces papillons…

Mais quand on est concentré, on est LA, bien au centre.

Le centre, c'est chez toi. Ton coeur, ta personne, ton corps. Tu n'es pas ailleurs. Si tu fais Défi-Maths, tu es avec Défi-Maths. Tu ne penses pas à ton hockey, ni à l'ami qui va jouer avec toi après l'école. Le centre, ce petit point, c'est ton abri, ton refuge. C'est quoi, un refuge? S'il pleut, je cherche un refuge. Où?


- Sous un arbre !

- Sous une tente !

- Dans une maison !

- Sous un parapluie !

Et que fait-on si on a envie d'être seul, parfois ? Quand on veut du silence ?
Quand on veut lire tranquillement ? Quand on n'a pas envie de jouer ?

- On va dans sa chambre !

- Au sous-sol !

- Dans le jardin !

Oui. Ta chambre, le sous-sol, le jardin, c'est comme une île. (je dessine au tableau une grande île, un palmier… ) C'est beau une île… C'est tranquille. Dans mon île, je peux faire ce que je veux : jouer, lire, dessiner, ou tout simplement m'asseoir. Sagement. Sans être dérangé. Si je me fâche avec mon ami, si quelqu'un me fait de la peine, je peux aller dans mon île pour quelques minutes.. Et dans mon île, je ne suis plus fâché.. Je ne suis plus en colère… J'oublie un peu... Je pense à mon ami… Il n'a peut-être pas fait exprés ? Peutêtre était-il fatigué… Peut-être at-il été grondé par ses parents à la maison… Je comprends maintenant… Ça fait du bien d'aller dans son île de temps en temps…

Tu sais, en classe aussi tu peux aller dans ton île… Comment ?

- Je fais "dessin libre."

- Je reste à ma place.

- J'écris dans mon "cahier bleu"…

- Je respire !

- Je sonne la cloche !

*** Mon île à moi ***


Chaque enfant dessine l'île qu'il aime sur une feuille qui sera collée sur la première page du "Petit Journal". Et plus tard, nous apprendrons la chanson

« Quand j'inspire, je retourne, dans mon île intérieure, chez moi... »

Parfois, lorsqu'un enfant montre un peu de lassitude durant la journée, il demande :"Est-ce que je peux aller dans mon île?" Nous aimons tous aller dans notre île. Quand la classe devient trop bruyante, surtout en fin d'après-midi, c'est moi qui leur dis: "Vous savez, il y a vraiment trop de bruit dans la classe.. Je vais aller dans mon île pour quelques minutes..." Je demande à l'enfant qui a la cloche de l'inviter, je respire profondément en me calant bien sur ma chaise, je pose les mains sur les genoux, je ferme les yeux et je souris d'aise, consciente de tous ces petits yeux posés sur moi.

Alors, ils se taisent. Une minute, deux minutes qui semblent une éternité... De précieuses minutes d'instant présent où tout s'arrête pour de bon ! Quelques minutes par ci, quelques minutes par là.. Et une journée de classe s'écoule. Entre le bruit et le silence. Des "instants présents"......il y en a tout plein à cet âge !

*** J'arrose mes fleurs ***


Pour résoudre les conflits, si petits soient-ils, nous arrosons les fleurs de notre jardin. Un jardin est dessiné à la grandeur du tableau. Du gazon. Des fleurs en couleurs. Toutes variées.

- Que dois-je faire si je veux que mes belles fleurs poussent ?

- Je leur donne de l'eau.

- De l'air.

- De l'espace.

- I take care of them !

Oui, j'en prends soin. Mais dans un jardin... n'y a-t-il que des fleurs?

- Non. Il y a du gazon.

- Des cailloux !

- Des pissenlits !

- Des chardons. (Ces mots sont dits en anglais)

Est-ce qu'on aime avoir des chardons dans notre jardin ?

- Nooon !

- Qu'est-ce qu'on fait si on n'en veut pas ?

- On les enlève !

- Mais ça pique !

- J'appelle mon Papa !

- On ne les arrose pas !

Exactement ! On ne les arrose pas ! Eh bien, savez-vous les enfants, je suis un jardin aussi. Vous êtes des jardins. Daniel, Julie, Michel.. Chaque personne est un jardin. Dans mon jardin, il y a de belles fleurs. Des fleurs que j’aime. Mais il a aussi des fleurs et des herbes que je n'aime pas vraiment… On appelle ça des mauvaises herbes... Mais oui !..  Quand je suis gentille, c'est une belle fleur ou une mauvaise herbe?

- Une belle fleur !

- Est-ce que je vais l'arroser?

- Oui !!

Et ce serait quoi, une mauvaise herbe?

- Quand on n'écoute pas.

- Quand on ne partage pas !

- Quand on se bagarre !

- Quand on ne joue ensemble !

- Quand on se moque de notre ami !

- Quand on est fâché !

- Quand on fait du bruit en mangeant !

(Bonnes qualités et bonnes manières se mêlent un peu... )

Sur un autre tableau, sont collées d'immenses fleurs, portant les noms "Amitié. Amour. Tolérance. Partage, Politesse. Bonnes manières, Charité, etc, D'autres plus petites "Colère, Égoisme, Agressivité, Bouderie..."

Lorsque l'amitié règne en classe, la fleur amitié monte.

Lorsque la mauvaise humeur s'allume, la fleur-colère ou agressivité monte à son tour.. Au dessus de ce beau jardin, un grand arrosoir, avec des filets d'eau en papier cellophane bleu.

Chaque enfant a décoré également un petit "pot de fleurs" en carton, qui porte son nom. Quelquefois, de façon improvisée, nous échangeons nos petits pots pour y "planter de bonnes graines" ou arroser nos belles fleurs: en y mettant un beau dessin, un mot gentil..etc... Façon radicale de résoudre les différents : si un semblant de querelle surgit, les enfants sont invités à échanger leurs pots et à "arroser" leur jardin. 


Si je veux être une bonne personne, je m'entraîne!
1. Je sais que, si quelqu'un me fait mal, j'ai de la peine. Alors, je vais essayer de ne faire de mal à personne. Et, si je vois quelqu'un faire du mal à une autre personne, je vais essayer de l'arrêter.
2. Je sais que si quelqu'un prend quelque chose sans ma permission, ça me fait de la peine. Alors, je vais essayer de ne jamais prendre quelque chose qui ne m'appartient pas.
3. Je sais que si quelqu'un me dit une parole méchante, ça me fait de la peine. Alors, je vais essayer de dire toujours des paroles gentilles qui font du bien.
4. Je sais que si quelqu'un ne me dit pas la vérité, ça me fait de la peine. Alors, je vais essayer de ne jamais dire de mensonges.
5. Je sais que si quelqu'un se bagarre avec moi, ça me fait de la peine; Alors, je vais essayer de ne jamais me bagarrer.
6. Je sais que si je vois des films violents au cinéma ou à la télévision, ça me fait du mal. Alors, je vais essayer de ne pas voir des films violents ou des films qui ne sont pas de mon âge.


*** Les ...Six Entraînements à la Pleine Conscience ***


Plus tard dans l'année, nous aborderons les Entraînements à la Pleine Conscience adaptés pour les tout-petits et appelés "Si je veux être une bonne personne, je m'entraîne." Chaque entraînement fera le sujet d'une discussion de groupe hebdomadaire, où tout le monde, assis sur le tapis, est invité à parler de son expérience personnelle, dans l'écoute attentive et le respect mutuel. "Chacun son tour." Discussion du dharma en miniature. Mais ô combien enrichissante!

*** La méditation des cailloux. ou des coquillages ***


Cette semaine, nous allons tous être des fleurs.. C'est comment, une fleur? Est-ce que c'est bien, être une fleur? Pourquoi c'est bien?

Cette semaine, nous serons une montagne.

Cette semaine, nous serons la terre...

Chaque élément est amplement discuté, illustré, mimé...... Nous ramassons de beaux cailloux dans la cour ou dans notre jardin et les peignons. Ou nous utilisons des coquillages ramassés durant l'été.

Enseigner la non-violence en classe, c'est remettre entre les mains des enfants une petite cloche et les inviter à la sonner à tour de rôle. En faire leur responsabilité. Ils adorent ça. C'est poser son crayon, fermer les yeux, inspirer, expirer, sentir son petit coeur battre, ses poumons s'emplir d'air, parler, échanger, nommer toutes les activités de la journée au fur et à mesure qu'elles se déroulent, aborder les choses qui dérangent, ne pas craindre de mettre de côté maths ou grammaire durant tout un après-midi, lâcher le programme "officiel", abandonner les pupitres, s'asseoir en cercle sur le tapis et plonger dans "autre chose", colorier, dessiner, raconter, marcher en file indienne lentement autour des pupitres ou dans le couloir, vers le gymnase ou la bibliothèque, faire de la relaxation totale sous les tables (sur des tapis..), demander spontanément aux enfants: "Qu'est-ce qu'on est en train de faire maintenant?" Comment te sens-tu en ce moment?"

Il y a une petite boîte aux lettres dans la classe: "Écris à Lily si tu veux". Je reçois des petits mots auxquels je réponds, par écrit, avec un petit dessin. L'enfant sait qu'il est écouté, qu'il n'est pas un numéro dans le groupe. Il sait que je vais prendre au sérieux sa plainte, son mal de ventre. S'il s'agit d'une chicane en récréation (si un enfant est mis à l'écart par les autres), nous allons tous sur le tapis. Et on en parle aussitôt. Sans désigner personne. La conversation est doucement dirigée vers le problème du jour.. L'acceptation par exemple. S'il s'agit d'un mal de ventre.. on va aussi sur le tapis,  sur un petit tapis de relaxation, avec une couverture autour de la taille (un de ces petits carrés en doux polaire). Pour les mains gelées, nous avons un tout petit chauffage électrique. Les chaussettes et les gants mouillés sèchent sur la plinthe chauffante contre le mur.. Jusqu'à la prochaine sortie. Pour les -30 degrés,. du chocolat chaud surprise! .....ça change avec l'odeur des livres et des cahiers..

Un jour à la fois, une récré à la fois.. L'instant présent est pris en charge.. à l'instant même. Sinon… ce n'est plus l'instant présent ! Rien n'est accumulé. Alors, la vie en classe et dans l'école devient plus légère. Les crampes de la rentrée et du lendemain s'estompent vite et finissent par disparaître.

Aujourd'hui, c'est le jour d'aujourd'hui, dirait Thây. C'est rassurant! L'instant présent ne fait pas peur.

La cloche a perdu aujourd'hui tout son lustre.. Mais qu'importe.. .

Lily ChanTuTieu enseigne dans une école d'immersion française à Dollard-des-Ormeaux, banlieue de Montréal, à des enfants anglophones de 7 ans, en 2ème année. 
Source Bouddhisme au féminin n°4

jeudi 15 mai 2014

Priscilla Telmon : Dans les pas d'Alexandra David-Neel

Priscilla Telmon s'est aventurée dans les pas de Alexandra David Neel sur la route de Lhassa, et plus loin encore. Elle est reçue par Leili Anvar et Frédéric Lenoir dans les Racines du Ciel le dimanche matin sur France culture. Une vidéo réalisée par Bouddhisme au féminin pour mettre en ligne leurs propos.