mercredi 28 décembre 2016

Sofia Stril Rever : La Responsablité Universelle face aux défis planétaires

Sagesses Bouddhistes reçoit Sofia Stril-Rever, biographe française et interprète du Dalaï-Lama, co-auteure de l’ouvrage « Nouvelle Réalité – l’âge de la responsabilité universelle » qui comporte le message essentiel de celui-ci pour le monde et les générations futures. Le Dalaï-Lama rappelle avec force que tous les problèmes du monde créés par l’humanité ne pourront pas être résolus miraculeusement par des forces extérieures, mais bien par la prise de conscience courageuse de chacun et chacune, qui permettra de faire face aux défis mondiaux à traiter dans l’urgence.



Sagesses Bouddhistes retrouve Sofia Stril-Rever pour la 2ème partie de l’émission consacrée à la responsabilité universelle. Recueilli et écrit sous la forme d’un « Manifeste de la Responsabilité Universelle » c’est un vibrant appel que lance le Dalaï-Lama pour le monde et les générations futures. Co-auteure de ce texte fondateur, l’invitée propose aujourd’hui l’essentiel de ce texte très important.




lundi 14 novembre 2016

La relation entre la compassion et les quatre nobles vérités par Anne Michel

Spécial compassion du n° 20 – dix ans de présence sur le net
Anne Michel nous a envoyé ce beau texte (et cette belle photo) sur la relation entre la compassion et les quatre nobles vérités :




Les deux ailes de l’oiseau qui permettent à la méditation de nous diriger vers l’Eveil, sont la sagesse et la compassion, nous dit le Bouddha.
En approfondissement les 4 vérités nobles, nous comprenons que la vie n’est pas parfaite. Ce n’est pas une position philosophique, c’est la réalité de l’expérience vécue: les choses changent. L’expérience est parfois bonne et parfois douloureuse. La méditation ne va rien changer à ce réel. C’est la première vérité.
La 2ème vérité est liée à ma manière de me situer dans la vie. Puis-je recevoir et accepter avec compassion l’imperfection du monde, en moi et hors de moi? Ou suis-je dans l’aveuglement de croire que les choses pourraient ou devraient être ok une fois pour toute? La réactivité est liée à la soif: notre attachement pour l’expérience quand elle est bonne et notre aversion lorsqu’elle change et devient douloureuse. Ce qui bloque l’énergie vitale, bienfaisante et universelle de la compassion, c’est l’ignorance, qui s’exprime par la peur, la colère, la frustration qui envahissent parfois l’esprit. Lorsque ces énergies sont apprivoisées et que nous ne sommes plus sous leur emprise, naturellement les qualités d’empathie s’affinent et la compassion devient de plus en plus souvent disponible.
3ème vérité: la libération est possible quand le cœur sait lâcher prise de la soif, ou du désir, sous toutes ses formes. Ce qui reste est alors simplicité, bonté, humilité, compassion. La méditation aide à se souvenir qu’il est possible d’être libéré, ici et maintenant.
 
Très concrètement ce souvenir peut être vivifié en prononçant silencieusement des paroles de compassion:
Je suis sensible à ma (ta) peine
Je reste en silence avec elle
Mon cœur accepte mes (tes) limites ici et maintenant
Que je (tu) sois libéré de la réactivité à la souffrance.
Et c’est un exercice porteur en même temps d’espace et d’intimité avec l’expérience: il y a l’observateur bienveillant, objectif, et le ressenti précis, sans commentaires, de l’expérience.
Les paroles sont répétitives, limitées aux mots que je choisis de dire, clairement orientées vers la libération. Je peux les dire en assise, en marchant, couché le soir avant de dormir… Je peux les dire rétrospectivement, lorsqu’une expérience douloureuse met l’esprit à l’étroit.
Compassion: entourer, accueillir la peine lorsqu’elle émerge. En moi d’abord, pour pouvoir le faire pour l’autre. La peine, plus particulièrement la peine interrelationnelle, est menaçante et il peut y avoir en nous une volonté plus ou moins consciente de la rejeter sans la laisser être, de la fuir ou de prétendre. En plus de la douleur, je rajoute du stress et de la réactivité. La double flèche dont parle le Bouddha. Si la première flèche, celle de la souffrance, est inévitable, la deuxième est notre responsabilité: je peux abandonner l’identification et la réactivité à la souffrance. Je ne suis pas “que çà”. Je suis aussi sagesse et compassion: je peux tranquillement laisser être et laisser passer l’expérience, sans lui donner trop de pouvoir. C’est bon se de souvenir que notre nature fondamentale, ici et maintenant, est l’ouverture du cœur à l’expérience. Ainsi la réalisation que je ne suis pas l’expérience devient une aide fondamentale pour demeurer dans la compassion lorsque les évènements de notre vie nous mettent au défi.
Anne Michel anime en Suisse des sessions et des retraites dans la tradition du Théravada et pratique le dialogue conscient en région parisienne à l’invitation de Terre d’Eveilson site : Mudita

vendredi 16 septembre 2016

Machik Lapdron : Dernières instructions


On gaspille sa vie en pensant : "je pratiquerai le Dharma plus tard".
Et qu'adviendra-t-il si vous mourez de mort accidentelle ?
Si vous ne méditez pas aujourd'hui avec persévérance,
demain, au moment de mourir,
qui vous prodiguera le Dharma authentique ?

Si vous ne pratiquez pas cet enseignement vous-même,
à quoi pourrait vous servir la pratique des autres ?
le rêve d'un mendiant regorge de plaisirs, de richesses et d'abondance,
mais au réveil, plus la moindre trace, comme un oiseau dans le ciel.

Tous les phénomènes composés de ce monde
sont semblables à cette métaphore.

Machik Labdron (ses dernières instructions) du livre 
Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet par Jérome Edou

jeudi 25 août 2016

Le Dharma est intemporel par Maechee Pathomwan



La réalité ultime et le monde intemporel existent ensemble. On essaie de percevoir et de comprendre ces deux réalités. Cela ne signifie pas que nous allons atteindre la vacuité et la vérité ultime. Mais nous avons toujours la possibilité d'entrevoir cette réalité et d'y goûter dès lors que nous avons la concentration, la conscience et la sagesse.

Le  Dharma n'est pas lié au temps, il est intemporel. Par conséquent, toute personne qui veut pratiquer peut le faire. Peu importe que vous soyiez laïque ou religieux, homme ou femme. Si vous avez trouvé une méthode pour pratiquer, vous connaissez le chemin, alors, empruntez-le. Ce n'est pas parce que je porte une robe de nonne que je vais atteindre la sagesse. On doit tous suivre le même chemin pour y parvenir. Peu importe le sexe ou le statut, on peut tous pratiquer. La vérité ultime est à l'intérieur de nous.

Maechee Pathomwan - Extrait de Rencontre avec des Femmes Remarquables par Martine Batchelor

samedi 30 juillet 2016

Les femmes dans l'histoire du zen soto - Brigitte Seijo Crépon - Sagesses bouddhistes 2016

Sagesses Bouddhistes reçoit Brigitte Seijô Crépon, pour en parler du rôle des femmes dès la fondation de l’école zen au Japon, par les deux patriarches Maître Dogen et Maître Keizan.





mercredi 29 juin 2016

L'Octuple Sentier par Jeanne Schut

L'octuple chemin : les huit étapes enseignées par le Bouddha pour conduire à l'Eveil






jeudi 12 mai 2016

Sharon Salzsberg : Transformer la souffrance

 Sharon en Inde, à gauche. Dipa Ma assise

"Mon instructrice Dipa Ma eut à souffrir beaucoup dans sa vie, et c'est ce qui la conduisit à la pratique de la méditation. Pratiquant avec zèle, elle transforma son chagrin personnel en amour pour tous les êtres." 

(Mariée à l'âge de douze ans, Dipa Ma quitte l'Inde pour rejoindre son mari  en Birmanie. Elle n'arrive pas à avoir d'enfant et en conçoit une grande honte et un grand chagrin. Malgré la pression de sa famille, son mari refuse de la répudier.)


"Enfin, après vingt ans d'attente, son premier enfant, une fille, naquit, mais elle mourut à l'âge de trois mois. Quatre ans plus tard, une autre fille naquit. L'année suivante, Dipa Ma fut à nouveau enceinte, mais le fils qu'elle eut, et qu'elle ne vit jamais, mourut à la naissance. La mort de ses enfants ébranla forte­ment la santé de Dipa Ma. Et au moment où elle com­mençait à se consoler de ces pertes, il lui fut découvert une grave maladie de coeur, et les médecins craignaient qu'elle ne passe d'un moment à l'autre. Alors qu'elle faisait face à sa propre fragilité et à l'éventualité de la mort imminente, son mari, qui avait toujours joui d'une bonne santé, revint un jour du bureau, malade et fié­vreux. Et elle eut l'immense tristesse de le voir mourir dans la soirée.


Dipa Ma avait le coeur brisé, et elle crut réellement mourir de chagrin. Elle ne pouvait dormir, mais elle ne pouvait non plus sortir de son lit. Elle était incapable de faire quoi que ce soit, mais elle avait encore un enfant à élever. Un jour, un médecin qui savait à quel point elle était tourmentée, lui dit : «Vous allez mourir si vous ne faites pas quelque chose au sujet de votre mental. Vous devez apprendre à méditer.»


Dipa Ma prit son conseil au sérieux, et le considéra avec attention. Elle décrit le moment où elle se demanda : «Qu'emporterai-je avec moi quand je mour­rai ?» Après réflexion, elle se répondit : «J'ai regardé autour de moi. J'ai considéré ma dot - mes saris de soie et mes bijoux en or - et j'ai su que je ne pourrai les emporter avec moi. J'ai regardé ma fille, et j'ai su que je ne pourrai l'emporter. Alors, que pouvais-je emporter ? Et je me dis : 'Allons au centre de médita­tion. Peut-être y trouverai-je quelque chose que je pour­rai prendre avec moi quand je mourrai.»


A cette époque, Dipa Ma vivait encore en Birmanie. Elle trouva un monastère où elle pouvait pra­tiquer la méditation, mais sa faiblesse était si grande que c'est en rampant qu'elle dut monter les marches de l'escalier qui menait à la salle de méditation. Mais l'énorme souffrance qu'elle avait dû subir la poussa à consacrer tous ses efforts à la pratique. Alors qu'elle méditait, elle considéra plus profondément ses souf­frances, et éprouva une grande compassion pour elle-même et les autres êtres. Sa compassion était l'expres­sion de sa guérison. Par son terrible malheur, Dipa Ma en était venue à comprendre la fragilité de la vie, et le fait que personne n'est exempt de pertes et de douleur. Sa pratique lui apporta la paix.


Dipa Ma devint un maître révéré et profond, avec qui j'eus la chance d'étudier en Inde. Quand elle me dit que je devais revenir aux Etats-Unis et enseigner la méditation, je n'en crus pas mes oreilles. Je ne me sen­tais pas du tout qualifiée pour être un maître de médi­tation. Mais elle me rassura en me disant : «Vous com­prenez réellement la souffrance; aussi, vous devez enseigner.»


Quelles que soient les circonstances dans lesquelles je la vis se comporter, Dipa Ma fit toujours preuve d'un amour lumineux et d'une grande compassion. Sa compréhension profonde de notre vulnérabilité à la souffrance de la vie, semblait avoir exclu tout sentiment d'exlcusion de son cœur."


(Extraits de Un coeur vaste comme le monde de Sharon Salszberg)

dimanche 24 avril 2016

Urgyen Tsomo - 1897-1961 - La grande Khandro de Tsourphou



Urgyen Tsomo est née en 1897 dans une famille vivant près du monastère de Tsourphou. 

Le 15e karmapa, Khakyab Dorje (1871-1922), eut une vision dans ses rêves d'une émanation de la Yogini Yeshe Tsogyal et des indications qu'il devait l'épouser pour prolonger sa vie.

L'émanation de Yeshe Tsogyal visualisée dans ses rêves était Urgyen Tsomo. 

Quand elle fut découverte, elle avait 16 ans. Elle était dotée d'une forme de réalisation spontanée, et accomplit la pratique de purification dite de Dorjé Naljorma pour le karmapa, très malade à ce moment-là, et put prolonger sa vie de 9 ans. Ils eurent 3 fils, dont le 2e Jamgon Kongtrul Rinpoché Karsé Kongtrul et le 12e Shamar Rinpoché, Jamyang Rinpoché.

Elle avait eu pour lama racine Beru Khyentse Rinpoché4.

Un an avant la disparition du 15e karmapa, il remit à un groupe de 3 personnes comprenant Urgyen Tsomo la lettre-testament indiquant les circonstances de sa renaissance dans le Kham.

Après la disparition du 15e karmapa, Urgyen Tsomo demeura en retraite au monastère de Tsourphou et enseigna le Dharma au centre de retraite jusqu'à la fin de sa vie, à l'époque de l'occupation chinoise.


Elle devint renommée et était appelée la grande khandro (ou dakini) de Tsourphou. 


En mars 1959, Urgyen Tsomo faisait partie des 160 personnes qui accompagnèrent le 16e karmapa quand il quitta le Tibet pour le Bhoutan.

Urgyen Tsomo est morte en Inde en 1961.

Khandro Rinpoché (Khandro Tsering Paldron) a été reconnue par le 16e karmapa comme la réincarnation de Urgyen Tsomo.


Source Wikipedia

jeudi 14 avril 2016

Le mouvement WAKE UP au village des Pruniers

Le mouvement WAKE UP a été créé par le Vénérable Thich Nhat Hanh. Wake Up ou « éveillez-vous » est un mouvement conduit par des jeunes très dynamiques, religieux ou pas, désireux de transmettre les valeurs du bouddhisme dans le quotidien de chacun pour une meilleure connaissance de soi et du monde. Dans cette première partie, Sagesses Bouddhistes reçoit Sœur Prune et Frère Phap Luu.




Sagesses Bouddhistes poursuit sa découverte du mouvement WAKE UP créé par le Maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh, fondateur du Village des Pruniers et qui rencontre un vif succès. Mais quel est le message du bouddhisme ainsi transmis par ce mouvement et qui s’adapte si bien aux jeunes générations ? Réponses avec Sœur Su Nghiem et Louis Nagot.





jeudi 7 avril 2016

Maitre Cheng Yen : Creation et developpement de la fondation Tzu Chi

La vénérable Cheng Yen est née en 1937 dans une petite ville du centre de Taïwan.

En 1966, elle a créé la Fondation Tzu Chi. Se donnant pour mission « d’humaniser le bouddhisme et de faire surgir des bodhisattvas dans notre monde », la vénérable Cheng Yen et la Fondation Tzu Chi interviennent dans quatre domaines principaux : les oeuvres de charité, la médecine, l'éducation et la culture.

La Fondation compte à présent des millions de volontaires qui mettent en oeuvre les enseignements de la vénérable Cheng Yen, en aidant les pauvres et en portant la compassion jusque dans les régions les plus sombres de la planète.

jeudi 4 février 2016

Et s'il suffisait d'être Présent ? la vie et l'enseignement d' Ayya Khema par Jeanne Schut


Jeanne Schut vient de publier un ouvrage sur Ayya Khema, sa vie et son enseignement : Et s'il suffisait d'être présent...
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Deuxième partie de l'interview de Jeanne Schut sur Ayya Khema :






vendredi 22 janvier 2016

5 - Les femmes luttent pour la planete : Wangari Maathai


Wangari Muta Maathai née le 1er avril 1940 à Nyeri, au Kenya et disparue le 25 septembre 2011 à Nairobi est aussi une femme extraordinaire, d'un courage indomptable. Militante écologiste et politique, elle devient en 2004 la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix».





Née dans une zone rurale du Kenya, Wangari Maathai a étudié dans le Kansas (Etats-Unis), en 1964 puis dans son pays, où elle a été la première femme à obtenir un doctorat. Elle est aussi devenue la première Kenyane à prendre la tête d'un département à l'université, en l'occurrence celui de l'école vétérinaire.

Comme à l'université, elle s'est imposée dans le monde de la politique et a subi la pression de ses homologues masculins.

Wangari Maathai a fondé le mouvement de la Ceinture verte (Green Belt Movement) en 1977. Elle commence par planter sept arbres le jour de la Terre, pour honorer les femmes qui dirigent l'environnementalisme kényan. Ce mouvement, soutenu par les kényanes à travers le pays, aura planté plus de trente millions d'arbres en 16 ans, pour prévenir l'érosion du sol. Maathai est parfois affectueusement surnommée « la femme des arbres » (tree woman). Entre-temps, elle est active aussi bien dans le domaine de l'environnement que dans celui des droits de la femme.

Elle est également dirigeante du « Maendeleo ya wanawake » (Conseil national des femmes du Kénya). Elle aura eu trois enfants avant de divorcer en 1979. Son mari affirme alors au juge qu'elle avait un trop fort caractère pour une femme et qu'il était incapable de la maîtriser, le juge lui a donné raison. Pour avoir déclaré dans la presse que ce juge ne pouvait qu'être incompétent ou corrompu, elle est emprisonnée, pour la première fois, durant quelques jours.

En 1997, sa candidature à l'élection présidentielle kenyane a été retirée par son propre parti, quelques jours avant le scrutin et sans qu'elle en soit informée. Cela n'a pas découragé Wangari Maathai, qui a été finalement élue au Parlement kenyan en décembre 2002.

Elle continue à défendre les forêts kényanes et la démocratie au péril de sa vie ou de sa liberté. Elle prône l'utilisation constante de la non-violence et des manifestations populaires avec l'aide des organisations internationales. Elle participe à des groupes onusiens et connaît personnellement Kofi Annan, ancien secrétaire des Nations-Unies.
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Militante écologiste, elle fonde le Parti vert Mazingira (en) en 2003. Ce parti est affilié à la fédération des Partis verts d'Afrique et aux Verts Mondiaux. Elle est élue au parlement kényan en décembre 2002, où elle remporte son siège face à son rival par cinquante voix contre une. C'est à peu près en même temps que Mwai Kibaki bat Arap lors de l’élection présidentielle au Kénya. Ce nouveau président la nomme, en janvier 2003, ministre-adjoint à l'Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage.


Femme de coeur et d'action, elle reçoit le prix Nobel de la paix en 2004 pour ses engagements et participe par la suite à la création d'une 'Arche de Noé verte' dans l'Arctique, pour préserver les espèces végétales.

Elle meurt le 25 septembre 2011 à l'hôpital de Nairobi, des suites d'un cancer. Sa dépouille fut mise dans un cercueil confectionné en bambou et en fibres de jacinthe, pour respecter la demande qu'elle avait faite à sa famille de ne pas couper un arbre pour fabriquer son cercueil. Le jour de la cérémonie, un arbre fut planté par ses enfants et petits enfants en présence de centaines de personnes, au Uhuru Park (Parc de la Liberté en Swahili) à Nairobi, que Wangari Maathai avait sauvé de la destruction en mettant en échec un projet de gratte-ciel que le régime autoritaire de l'ancien président Daniel Arap Moi voulait construire à cet endroit.

Source : Bouddhisme au Féminin

lundi 11 janvier 2016

4 – Les femmes luttent pour la planete : Joana Macy


Joanna Macy, une enseignante renommée du bouddhisme, de l'éco-philosophie et érudite, est une activiste de longue date pour la paix, la justice, et les mouvements de l'écologie. Son vaste travail couvre la pensée orientale et occidentale et cherche à amener à la conscience humaine le point de vue des autres formes de vie, ainsi que celui des générations passées et futures.





A seize ans, Joanna Macy a vécu une très forte expérience de conversion au christianisme — son grand-père était ministre du culte congrégationaliste. Elle eut le sentiment qu’elle pouvait sonder les profondeurs de la Crucifixion en rapport avec le pardon qui annonçait lui-même la nature de la réalité. Plus tard elle s’engagea dans la pratique du bouddhisme tibétain. Eco-philosophe, sensible à la justice sociale et au mouvement pour la paix, passionnée par la Théorie Générale des Systèmes et la Deep Ecology, elle applique la compréhension bouddhique à notre propre civilisation occidentale déchirée et souffrante.

Quand pour la première fois j’ai réellement rencontré le Bouddha Dharma, ce fut une expérience si particulière et si forte que je n’ai jamais eu aucun doute à son sujet. En fait l’expérience se situait, par son intensité, au même niveau que l’expérience du pardon dans la chrétienté. Elle revenait à voir mon non-moi. Je voyageais en train quand c’est arrivé, traversant le Pendjab pour aller à Pathankot, lisant un livre sur le bouddhisme. Et assise là dans ce train bondé, avec la chaleur et les odeurs, il fut soudain absolument clair comme le jour que je n’existais pas de la manière dont je pensais exister. Cette prise de conscience s’accompagna d’une expérience que je ne peux comparer qu’à l’éclatement d’un grain de pop-corn. C’était comme si l’intérieur se répandait sur l’extérieur, et je regardais avec une joie émerveillée. J’eus alors une sensation de soulagement inexprimable : « Je n’ai besoin de rien faire avec le moi, je n’ai pas besoin de l’améliorer ou de le rendre bon, de le sacrifier ou de le crucifier. Je n’ai besoin de rien faire, car il n’existe même pas. Tout ce que je dois faire, c’est reconnaître qu’il s’agit d’une convention, d’une fiction. »


J’éprouvais un immense sentiment de délivrance, et avec lui vint soudain, immédiatement, le sentiment que c’était une délivrance qui permettait d’agir. Immédiatement surgit cette pensée : « Désormais, cela me permettra de risquer et d’agir au nom de tous les êtres. » Cela semblait en parfait accord avec l’immense besoin de justice sociale si nécessaire à notre époque.

Joanna Macy, entretien avec Anne Bancroft, Femme en quête d’absolu, Albin Michel